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La France au défi

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Fayard

Lien éditeur

La France va-t-elle réussir à surmonter ce découragement qui, depuis si longtemps, la conduit à redouter a priori toute réforme, à penser de façon irrationnelle qu’elle n’arrivera jamais à s’adapter à son avantage au monde nouveau?
Retrouver-t-elle confiance en elle-même et en ses atouts, qui sont incomparables?
La défiance et le pessimisme généralisés seront-ils vaincus?
La classe politique oser-t-elle forger un consensus sur quelques mesures clés?
Embrassant économie, géopolitique et psychologie, Hubert Védrine porte un diagnostic lucide sur notre pays et cherche à définir les moyens de le sortir des pièges dans lesquels il s’est lui-même enfermé.

  Edition de poche

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Fayard

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La France va-t-elle réussir à surmonter ce découragement qui, depuis si longtemps, la conduit à redouter a priori toute réforme, à penser de façon irrationnelle qu’elle n’arrivera jamais à s’adapter à son avantage au monde nouveau?
Retrouvera-t-elle confiance en elle-même et en ses atouts, qui sont incomparables? La défiance et le pessimisme généralisés seront-ils vaincus? La classe politique osera-t-elle forger un consensus sur quelques mesures clés?
Embrassant économie, géopolitique et psychologie, Hubert Védrine porte un diagnostic lucide sur notre pays et cherche à définir les moyens de le sortir des pièges dans lesquels il s’est lui-même enfermé.

Préface à la réédition en livre de poche

J’ai écrit ce bref essai il y a un an parce que je comprenais de moins en moins pourquoi la France demeure, de tous les pays développés et en dépit d’efforts récents et méritoires, celui qui a le plus de mal à se réformer, c’est-à-dire à reprendre le contrôle de ses dépenses publiques et à moderniser sa démocratie représentative fatiguée. Il me semblait qu’il y avait maintenant urgence à comprendre les ressorts de cette paralysie, à surmonter cette incapacité, et à aider à ce que la France se désembourbe.
Bien sûr je n’ignore pas que le mot «réforme», mot valise, n’est pas mobilisateur et peut tout aussi bien susciter l’indifférence à force d’avoir été mis à toutes les sauces, qu’inquiéter dans la mesure où il ne ferait que dissimuler - mal- la remise en cause des acquis sociaux des 70 années écoulées. Mais les faits, les chiffres, le souci de l’avenir doivent nous amener à ne plus éluder nos responsabilités. Plusieurs exemples étrangers sont là pour nous encourager. Je suis convaincu que, pour sauver notre «modèle social» ou, dit autrement car il n’est plus sûr que cela soit encore un «modèle», le genre de sociétés dans lesquelles nous vivons en Europe et qui sont - même si elles sont toujours perfectibles - les plus humaines de l’histoire de l’humanité, et aussi pour libérer nos énergies, il est nécessaire et possible de réduire le coût devenu exorbitant du pourtant indispensable Etat «providence» : les dépenses publiques sont en France dix points au-dessus de la moyenne de la zone euro, ce qui oblige pour les financer à une fiscalité asphyxiante, sans que les Français soient pour autant mieux instruits, éduqués, soignés, transportés, etc. Il faut avoir le courage d’affronter cette question pour redonner à la France, qui en a le potentiel, de vraies capacité, créativité et compétitivité économique, dans l’intérêt de tous.
Il se trouvera bien sûr toujours des gens, et plus encore des organisations, pour s’opposer à toute réforme au nom de la défense d’intérêts présentés comme légitimes, ou «d’autres solutions», aussi illusoires que variées. En réalité cela revient, pour défendre des intérêts particuliers, à vouloir faire perdurer un statu quo qui nous anémie et à laisser filer l’endettement sous prétexte de keynésianisme (pauvre Keynes!). En fait, on devrait parfaitement pouvoir concilier, dans la zone euro, croissance et assainissement progressif des finances publiques
Dans cet essai, j’ai été amené à approfondir la dimension, plus psychologique qu’économique, du pessimisme français, ce manque débilitant de confiance en soi qui nous handicape tant. Il me semble que ce mal est de plus en plus perçu comme étant grave, central, et devant être terrassé, ce qui est encourageant.
La proposition hétérodoxe que j’avance pour sortir de l’ornière: une coalition droite/gauche momentanée pour accomplir les réformes clefs, n’est pas une fin en soi; c’est un moyen, une méthode à tenter pour avancer, malgré les obstacles, en libérant la classe politique des contraintes qui l’enserrent, dans lesquelles elle s’est enfermée; en desserrant les mâchoires du piège du manichéisme droite-gauche; en neutralisant la partie du système médiatique obsédée de transparence immédiate, qui propage dans tout l’espace politico-médiatique un instantanéisme hystérisant et tue dans l’œuf toute action publique utile..
Bien sûr, on pourrait concevoir que les réformes dont la France a besoin soient réalisées par une majorité claire, de gauche ou de droite, sans qu’une coalition plus large soit indispensable. Mais cela supposerait qu’elles aient été annoncées à l’avance, dès la campagne présidentielle, qu’elles soient admises par l’électorat, et qu’elles soient mises en œuvre dès le début du quinquennat, ce qui d’ailleurs ne rendrait pas superflu, pour leur acceptation durable et en profondeur, un accord bipartisan. Sur tous ces points, même si chaque cas est spécifique, nous avons beaucoup à apprendre de ce qu’ont fait déjà des pays comparables, de ce qui a réussi, ou échoué ailleurs et pourquoi.
Si j’en juge par les nombreuses réactions et messages que j’ai recueillis, et de nombreux articles, l’idée centrale de cet essai n’a pas été jugée invraisemblable. Il me semble même que cette prise de conscience, et l’intérêt pour une méthode politique originale qui ne découle pas spontanément de nos institutions, de nos lois électorales, et de nos mentalités, ont gagné du terrain ces derniers temps. Une telle approche n’est pas encore la plus probable, mais elle n’est déjà plus impossible. Les médias y font allusion mais en général en personnalisant la question, c’est-à-dire en imaginant des gouvernements de coalition. Ce n’est pas de cela qu’il est question ici. A quoi bon rassembler tous les partis de gouvernement, à l’exclusion des extrémistes et des démagogues, si c’est pour reculer ensuite ensemble, face aux levées de boucliers prévisibles? Il faut d’abord (sur le mode de 1958) concevoir les réformes, de l’Etat, de la politique, de l’Etat providence (qui doit protéger, redonner des chances en permanence, et s’extirper du piège de l’assistanat), de l’éducation, voire même, s’il le faut, des institutions et des lois électorales. Ce travail de préparation et de conviction doit être intensifié. J’ai essayé d’y contribuer par ce texte, et je suis donc heureux qu’il soit publié en édition de poche.
Hubert Védrine


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