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«POUR L’IRAN, BEAUCOUP D’EXPERTS PENSENT A UNE ACTION MILITAIRE PAR VOIE AERIENNE»

L’Expansion - octobre 2006

Réflexions pour l’Expansion d’octobre 2006 sur l’actuelle politique étrangère américaine.


L’Amérique s’interroge-t-elle sur sa politique étrangère?


Le vrai changement de la politique internationale remonte à 1989-1991, avec le passage du monde bipolaire de la guerre froide au monde global dominé par ce que j’ai appelé «l’hyper puissance», les Etats-Unis. Après avoir «gagné» la guerre froide, ils se sont estimés chargés de mettre en œuvre un «nouvel ordre international», de façon prudente avec Georges Bush n°1, séduisante et indolore avec Bill Clinton, brutale et manichéenne avec Georges Bush n°2. Le 11 septembre 2001 a ensuite montré que dans le monde global, le terrorisme aussi est global. Puis, l’Irak a révélé les limites de la prétention américaine à imposer la démocratie de l’extérieur et par la force. L’administration Bush est devenue un peu plus réaliste, mais l’inspiration reste la même.

La situation en Irak est de plus en plus critiquée aux Etats-Unis …

Oui. Beaucoup critiquent de plus en plus durement la manière dont la guerre a été conduite, mais très peu condamnent l’intervention elle-même et le choix d’éliminer Saddam Hussein. Les démocrates eux-mêmes restent prudents.


Les néoconservateurs n’ont-ils pas été écartés des responsabilités?

Pas tout à fait. Ils sont sur la défensive, mais ils sont toujours là et, en ce qui concerne le monde arabo-musulman, aucune vision n’a remplacé la leur. En gros, remodeler le monde arabo-musulman, en changeant les régimes pour qu’ils deviennent pro-occidentaux, et contourner la question palestinienne. Mais cela ne marche pas!
L’Amérique est un peu moins unilatéraliste. Mais parce qu’ils cherchent des soutiens. Sur le dossier iranien, les néos–conservateurs et les vrais nationalistes n’ont pas dit leur dernier mot.


Que faut-il penser de la «guerre au terrorisme»?

Il n’y a rien à redire sur la protection et la vigilance contre les terroristes. En revanche, sur le plan politique, ce slogan manichéen mélange tout, empêche d’analyser les situations réelles, entretient l’amalgame là où il faudrait dissocier et diviser la vague islamiste. Cela ne peut pas donner de bons résultats.


Doit-on s’attendre à une intervention militaire américaine en Iran?

Récemment, à Washington j’ai pu constater que beaucoup d’experts pensent qu’une action militaire, par voie aérienne, reste une option sérieuse pour cette administration.
Une autre politique est possible pour que l’Iran n’aille pas jusqu’au bout, mais il faudrait une toute autre approche à la Maison-Blanche, et on devrait parler de tout avec Téhéran pour rouvrir le jeu.

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